Participer au Guardian avec l’application GuardianWitness

 

Depuis la mi-avril, le quotidien anglais offre aux internautes et utilisateurs de smartphones la possibilité de proposer leurs contenus pour une éventuelle publication. Tout se passe sur l’application GuardianWitness, disponible sur iPhone et Android.

Concrètement, le site GuardianWitness suggère régulièrement des sujets que les internautes sont amenés à nourrir avec leurs propres contenus. Par exemple, le thème du mercredi 17 avril était bien sûr les obsèques de Margaret Thatcher, l’ex-premier Ministre britannique. Les photos retenues permettent d’apprécier différentes facettes de l’évènement, de la cérémonie aux actions des anti-Thatcher.

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Capture d’écran de la page https://witness.guardian.co.uk/#assignmentjump

En plus d’être publiés sur le site GuardianWitness, les contenus sélectionnés font également leur chemin dans les différentes déclinaisons du Guardian. Ainsi, une galerie de chiens qui dorment a été créée avec les photos soumises par les participants. Et ce dimanche, quelques photos du sujet « grands buildings » ont été publiées sur papier dans The Observer.

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Cette vidéo de présentation mise en ligne sur le compte YouTube de GuardianWitness précise qu’il est également possible d’envoyer du contenu lorsqu’un évènement est suivi en live sur le site. Plus généralement, tout article où l’on trouve le bouton bleu « Contribute to this article » offre la possibilité d’envoyer des éléments.

GuardianWitness est aussi à l’écoute des propositions de sujets, dont certaines sont mis en ligne. Quant à la page « Send us a story », elle permet tout simplement de suggérer un sujet à traiter par les journalistes, et d’envoyer un complément d’information.

Avec ce service, le Guardian suit en fait une tendance participative de plus en plus importante dans les médias du monde entier. Des chaînes d’information en continu proposent déjà des formulaires et numéros de téléphone à contacter pour témoigner de ce que l’on voit. Ces derniers jours, les sites Internet qui traitaient la traque de Boston incluaient régulièrement des photos mises en ligne sur Twitter par les habitants de Boston et Waterton. En novembre dernier, aux États-Unis, le site du New-York Times proposait à ses visiteurs d’envoyer leurs photos de ce jour d’élection présidentielle.

Interviewée par le site spécialiste du web The Next Web, la gérante de l’aspect social du Guardian Joanna Geary décrit les racines du nouveau service : « Rien que ces dernières années, nos lecteurs nous ont aidés à traiter les dépenses des parlementaires, à suivre les émeutes britanniques, à avoir des infos en direct sur le Printemps arabe et à questionner les projets du gouvernement sur l’emploi. GuardianWitness renforce notre reconnaissance du fait que le journalisme est maintenant une conversation, et ouvrira notre site comme jamais auparavant. »

Cependant, l’article n’oublie pas d’expliquer en quoi ce service est un avantage pour le journal, qui peut ainsi profiter de contenus gratuits – même s’il y a besoin de salariés pour gérer GuardianWitness et trier les contenus. De plus, la multiplication des photos mises en ligne par des particuliers met en danger les photographes de profession. Enfin, alors que les rédactions réduisent de plus en plus leur effectif, accueillir plus de contenu amateur risque de ne pas inverser la tendance. Il faut espérer qu’à terme, les contenus professionnels et amateurs, qui peuvent être tout à fait pertinents, puissent cohabiter sans inquiétude, mais en attendant, en l’absence de modèle économique clair, ces questions restent en suspend.

Article rédigé par Lucas Godignon